Quitter VMware : Vates VMS ou Proxmox, quelle alternative européenne choisir ?
VMware, et après ? Retour terrain sur deux alternatives européennes. Sortir de VMware devient un sujet concret pour beaucoup d’organisations. Entre promesse de souveraineté et réalité opérationnelle, le choix n’est pas si évident. Suite à un échange avec un admin ayant testé Vates VMS et Proxmox en conditions réelle
mercredi 18 mars 2026
Je suis tombé récemment sur un article publié par Korben et sponsorisé par Vates, qui présentait Vates VMS comme une alternative crédible à VMware.
https://korben.info/vates-alternative-vmware-open-source.html
C’est orienté, c’est vrai, mais cela reste une bonne occasion de découvrir une alternative européenne.
“On a testé en vrai”
En parlant de cet article à un ami admin , la discussion a vite pris une autre tournure.
Dans sa boîte, une compagnie de taille intermédiaire, le sujet est sur la table. Ils doivent sortir de VMware.
Ils ont donc testé Vates VMS et Proxmox , puis arbitré pour en choisir un.
Leurs principaux scénarios se concentraient sur la migration de leur production, sans interruption de service, dans un environnement complexe.
Je lui ai donc demandé de me faire un petit retour sur les tests qu’ils avaient effectués et leurs conclusions. Et...
ils semblerait que la balance penche plus du coté Proxmox.
Mais ce qui est intéressant, c’est pourquoi.
Vates VMS : une vraie ambition européenne… encore en rodage
Premier point important : Vates VMS n’est pas pris à la légère.
C’est même probablement aujourd’hui l’initiative européenne la plus structurée pour remplacer VMware.
Stack cohérente, vision claire, discours aligné avec les enjeux de souveraineté.
Seulement, et peut-être à cause de leur nouvelle interface, il y a çà et là quelques irritants à prendre en compte.
➜ Import VMware : le nerf de la guerre
Le retour est assez net :
- perte des credentials dans l’interface pendant la navigation
- nécessité de se reconnecter pour rafraîchir les VM
- ouverture obligatoire des ports 443 et 902
- surtout : les VM sont coupées immédiatement lors de l’import
Là où on attend un fonctionnement par delta ou snapshot final, on se retrouve avec un comportement plus brutal.
Ce n’est pas bloquant, mais ça change complètement la manière de planifier une migration.
➜ Xen Orchestra : une logique différente (et ça se sent)
L’interface n’est pas mauvaise, mais elle casse les habitudes :
- pas de clic droit
- actions dispersées
- suivi des tâches et logs peu lisible
Clairement, il faut réapprendre.
Autre point plus critique : la dépendance au pool master.
Quand il tombe :
- visibilité fortement réduite
- accès limité aux fonctions basiques
Dans un contexte de prod, ça fait réfléchir.
➜ HA (High Availability) et exploitation : du détail… qui compte
C’est là que les irritants s’accumulent :
- HA à configurer VM par VM
- copier/coller console pas toujours dispo
- gestion ISO rigide (boot parasite observé en test)
- temps de reprise XOA ~3 minutes
Pris séparément, rien de dramatique.
Mais en exploitation quotidienne, ça pèse.
➜ Cas concret qui fait perdre du temps
Exemple typique remonté :
• VM avec un OS issue de Redhat 10 avec LVM qui ne redémarre pas après migration
Solution :
- modifier l’initramfs avant migration
- ou réparer en rescue ISO après coup
Genre de problème invisible en démo… mais très réel en projet.
Proxmox : moins ambitieux sur le discours, plus efficace en pratique
En face, Proxmox joue une partition très différente.
Pas de storytelling souverain appuyé.
Mais une approche directe.
Et surtout : ça marche.
➜ Ce qui a fait la différence
Dans leur retour :
- installation rapide
- interface immédiatement compréhensible
- comportement prévisible
- montée en compétence rapide
Et surtout moins de surprises !
Même sur des scénarios de bascule ou de reprise, le comportement est jugé plus stable, avec des temps de recovery plus courts que Vates dans leurs tests.
Ce que montre vraiment cette comparaison
Ce n’est pas un match “qui est le meilleur”.
C’est un décalage « normal » :
- Vates VMS porte une vision
- Proxmox est déjà dans l’exécution et très largement adopté
Vates construit quelque chose de structuré, pensé sur le long terme, avec une vraie logique de souveraineté.
Proxmox, lui, répond immédiatement à un besoin opérationnel afin de sortir de VMware sans douleur.
Alors, on choisit quoi ?
Il faut bien préciser qu’il ne s’agit ici que d’un retour de terrain, propre à une organisation et à ses besoins.
Chacun est libre de se faire son opinion concrètement. Et pour ma part, c’est loin d’être mon domaine.
Cependant, pour ce retour d’expérience :
- Proxmox aujourd’hui : plus mature, plus stable, plus exploitable immédiatement
- Vates VMS : prometteur, mais encore en phase de consolidation sur certains usages critiques
Mais s’arrêter à cela serait passer à côté du sujet.
Parce que Vates, c’est aussi un pari.
Et si personne ne le teste, ne le pousse, ne l’adopte partiellement…
il ne rattrapera jamais son retard.
Autre enseignement : une migration depuis VMware vers un autre hyperviseur ne s’improvise pas.
Elle doit être préparée, testée et validée dans un environnement dédié avant toute mise en production.
Conclusion : un choix technique… et presque politique
Ce que montre ce retour, c’est qu’on peut et peut-être qu’on doit sortir d’une logique binaire.
- Proxmox pour délivrer maintenant
- Vates pour construire demain
Les deux sont européens.
Les deux ont leur place.
La vraie question n’est peut-être pas “lequel choisir”, mais plutôt :
jusqu’où on est prêt à investir dans l’alternative qu’on veut voir exister.
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